Le goût et ses enjeux

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LE GOÛT

Goûter : c’est oser accueillir le monde en soi.

Qu’il soit considéré comme phénomène physiologique (la faculté gustative), ou comme la saveur elle-même (l’esculence), le goût recèle bien des mystères et bien des surprises. Avec son siamois l’odorat, il est le plus archaïque et le plus précoce de nos sens. Le plus intime aussi. Car si, à l’instar du toucher, le goût (on l’oubli souvent) est un sens du contact, le contact avec la chose goûtée est fusionnel. Les autres sens permettent une expérience distante au monde, le goût seul nécessite son incorporation. Goûter : c’est oser accueillir le monde en soi. L’expérience qui oblige une telle implication est de fait extrêmement révélatrice de qui nous sommes — individuellement et collectivement. Nos goûts et nos dégoûts, non seulement nous définissent, mais définissent aussi notre rapport au monde.


LES ENJEUX DU GOÛT

Le goût se fabrique.
Le goût s’apprend.
Il est important d’en faire réflexion.

Ainsi, il est important de comprendre les enjeux du goût. Ne pas les considérer c’est accepter de ne pas discerner. Les enjeux sont multiples : éthiques, économiques, politiques, sociaux, médicaux…
leurs incidences sont profondes — le goût immodéré du sucre et du gras a façonné une nouvelle silhouette du corps, or l’immodération de ce goût n’est ni innée, ni réductible à une aire géographique.
Le goût se fabrique. C’est une certitude. Savoir comment il se fabrique est une chose, savoir pourquoi en est une autre.

Le goût s’apprend, c’est aussi une certitude. Si l’humain n’est pas le seul mammifère capable de tirer plaisir du goût, il est le seul capable d’en faire réflexion et industrie, le seul capable de le développer, de l’affiner… de le «subtiliser».